Cartes postales 14-18

Souvenirs de guerre

Cent ans déjà que nos géniaux généraux, c’est une habitude récurrente depuis, prenaient l’option boucherie pour venir à bout de l’envahisseur germain. En fins stratèges et dignes héritiers de la glorieuse armée impériale dont ils conservaient fanfreluches, tenues d’opérette, sabres et clairons, ils envoyaient les poilus qui n’avaient rien demandé à personne se faire casser la gueule avec entrain et patriotisme.
Pendant ce temps là, à l’arrière, on se foutait bien de la gueule des poilus et de leur vie de caserne comme en attestent ces cartes postales, témoins de leur époque. Entre colonie de vacances pour attardés mentaux et joyeuse plaisanterie pour faire rigoler les planqués de l’arrière, il y a de quoi s’étonner à regarder l’image qu’on véhiculait, en cette période dramatique, d’une armée de Charlots.
Tout aussi plaisant est de constater qu’alors que les troufions s’envoyaient des obus dans la tronche, les veuves en devenir s’envoyaient en l’air avec leur coiffeur. Y a pas de moralité ! Durant les guerres, mieux vaut faire carrière dans le bigoudi que bidouiller dans la carrière. Aussi bien le poilu sortait de la tranchée baïonnette au canon que le coiffeur sortait troncher la belle honnête assez canon bondiou …

C’est ce que nous enseigne ces quelques cartes postales.

Je t’écris du front

C’est dingue ce qui s’est écrit pendant les quatre années que dura la der des ders ! Je ne sais pas exactement pour la France mais en Allemagne ce sont presque 7 milliards de cartes postales qui furent éditées durant la guerre. On estime qu’il en fut de même de ce côté du Rhin où plusieurs dizaines de milliers de modèles furent publiés sous forme de cartes illustrées, photomontages ou photographies. Il n’y avait pas moins de 700 éditeurs de cartes-postales à ce moment là, mais seulement une vingtaine de sociétés dont Royer à Nancy. La censure ne s’appliqua aux cartes qu’à partir de février 1915. Toute représentation dégradante de l’ennemi était alors proscrite et l’on évitait de publier des images en couleurs ou en gris, de nos troupes ou fortifications. Nos généraux s’y opposaient et c’est bien normal puisqu’ils savaient, eux, que l’ennemi avait déjà l’information. On peut se demander si le brave Nivelle, qui avait divulgué le plan de son attaque à tout le monde y compris sa maîtresse, n’avait pas envoyé une carte du front au Kaiser …

Pour vous ces quelques cartes postales qui témoignent plus vrai que nature d’une France en plein carnage … d’autres suivront bientôt.

La tête de l’emploi :

« Scènes de caserne » éditées par D.D. Gags et rigolade assurés

La dinde et le merlan, histoire dramatique

Publicités
Cet article a été publié dans Divertissement, Insolite, photographie, photos, souvenirs. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s