L’année prochaine, si tout va bien

img000img046De la page 46 à l’immersion périscopique !

 

 

 

C’est sur son livre d’histoire du cours élémentaire qu’il découvre Christophe Colomb, son grand pionnier. Il a sept ans, l’age où le rêve vous fait voyager dans des paradis merveilleux. N’est-ce pas ce pays imaginaire qu’il cherche à rejoindre aujourd’hui ? Depuis 17 ans qu’il fabrique son rêve, si on l’interroge sur le quand ?, quand sera-t-il prêt, quand mettra-t-il le navire à l’eau, quand quittera-t-il le port d’Épinal, quand s’éloignera-t-il vers les terres australes, quand suivra-t-il le sillon des caravelles de Colomb il répond inlassablement, l’année prochaine si tout va bien. En témoignent les divers reportages à lui consacrés dans la presse locale ou régionale. Cette fois la résolution de l’équation à 1000 inconnues semble se préciser, à l’horizon … de l’année prochaine, si tout va bien.

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son projet

Quel chemin parcouru depuis ses premiers rêves ! Si le but est obsessionnel la route pour y parvenir n’est pas des plus directes, elle serpente vers la chimie qui lui permet très tôt de fabriquer de la nitroglycérine puis la physique spatiale qu’il mettra en œuvre sous la forme d’un turbo réacteur. Il a alors vingt ans, sort du lycée technique de Commercy et passe ses vacances dans l’atelier paternel pour ajuster le turbo-réacteur à quatre étages et chambre de combustion annulaire à douze gicleurs. Les essaisphoto-de-mon-turbo-reacteur-010 ont lieu dans un vacarme assourdissant au milieu du poste de transformation EDF gardienné par son père. Il reviendra à ses premières amours quelques temps plus tard. A 26 ans, alors résident boulevard Lobau à Nancy, il effectue les calculs d’un bateau en acier d’environ 9 m, résistance des matériaux compris, à l’aide des seuls logarithmes et d’une règle à calcul … Et s’il achètefloride une automobile à cette époque, c’est une Floride Renault également connue sous le nom de Caravelle ! Il n’y a pas de hasard.

Tel Ferdinand Cheval inscrivit sur son Palais Idéal « travail d’un seul homme », Jean-Marie pourra aussi revendiquer cette inscription et la reprendre à son compte. Travail d’un seul homme, d’une seule vie. Son palais idéal repose aussi dans son jardin, sa brouette est un poste à souder et il n’aura pas fallu qu’il butte sur une pierre bizarre pour que l’idée jaillisse, mais qu’il tourne la page d’un livre. Pas besoin d’un tour, d’une fraiseuse, d’une perceuse à colonne, d’une cintreuse et d’un poste à souder pour plonger loin, dans les profondeurs de l’imagination qui lui permettent de féconder du réel et bousculer ordonnancement de ses horizons. Ses outils, ses machines agissent comme le liquide révélateur dans lequel on plonge un bout de papier qui, bientôt donnera naissance à une image. Jean-Marie, c’est Théodore (*) qui frappe à la porte du palais d’Athéna laquelle le rassure et susurre en lui ouvrant les yeux en même temps que sa porte « Tes mondes sont tous ici, en idées. » Si le pouvoir du songe est celui de nous permettre des expériences imaginées, de bâtir des hypothèses, d’élaborer des scénariis, des utopies, de nous transporter en des mondes parallèles, peu sont ceux qui reviennent au concret souvent banal de la réalité avec des plans et se mettent en chantier. Jean-Marie est de ceux-là. C’est la preuve vivante et matérialisée de la notion de mondes possibles. Dans les années 1950, Saul Kripke et Jaako Hintikka développent la théorie de la « sémantique des mondes possibles ». Entre le vrai et le faux (les deux seules valeurs de vérité connues des logiciens) la logique modale introduit la notion de « possible », notion parfaitement illustrée par notre ami. Et ce monde n’a rien à voir avec le nouveau monde inter planétaire qui est tout entier contenu dans la game-boy  ou autre console de jeu pour ado retardé.
Entre le rêve du gamin de 7 ans et l’immersion périscopique du futur sous-marin, il existe bien un monde qui est nullement irréel ou fantasmé, encore moins simple jeu rhétorique pour journaliste en manque d’originalité, il est bien concret, tangible, il mesure 12 mètres et s’appelle l’Albatros.

(*)L’homme descend du songe, Jean-François Dortier, Publié le 24/07/2006

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2 commentaires pour L’année prochaine, si tout va bien

  1. ZELOB dit :

    Bravo Bernard, ton écriture s’enrichit, tel le bon vin tu te bonifies avec l’age.
    Je dirais même que l’on boit tes écrits avec délectation.

    • bizber dit :

      Merci Calou
      Tu sais parler aux hommes …

      PS: fais moi signe quand tu organises une marche, Pascal (l’autre) me dit que ça t’arrive de temps en temps. Je serais partant !

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