Paris pieds nus

Temps gris, plafond bas, fête du cinéma, envie d’autre chose. Quatre bonnes raisons d’aller au cinoche d’autant qu’ils programment « PARIS PIEDS NUS » au France. La bande annonce qu’on a vu dernièrement m’avait mis l’eau à la bouche et puis, j’avais envie de me réconcilier avec la toile après quelques films que je qualifierais de légers (c’est une moyenne car, à y regarder de plus près tel un carnet scolaire, les notes iraient de franchement nul à assez bon) je voulais retrouver le plaisir d’entrer dans une salle qui pue la transpi et le mauvais parfum pour dame qui se néglige, où les pop-corn jonchent les allées, où les Iphones éclairent une semi obscurité d’avant la pub, où je tente de déchiffrer le programme écrit en Libération Serif 3,5 … bref, une salle de cinoche où tu as du mal à loger tes guibolles.

Dernièrement on est allé à Épinal voir « alibi.com ». On a attendu une demi-heure au pied de l’escalier qui conduit vers les salles, parmi une foule en délire, à 18:00 … faut vraiment aimer le ciné pour se coltiner pareil supplice ! Un peu plus tard dans la semaine, on est allé voir « Raid dingue ». C’est aussi un film pour le dimanche soir en famille quoique moins consternant que le premier qui explose les records de la connerie. Dimanche j’avais rendez-vous avec Alexandra Lamy. Le film « L’embarras du choix » est plaisant, convenu, sans originalité et plein de clichés sur les nanas et les mecs (genre le grand brun costaud, artiste bohème aimant la bouffe, le vin, la musique et les nanas face au beau mec costume cravate de chez Fillon, cadre dynamique dans la finance, héritier d’une lignée de pétés de fric) Avouons que la môme Alexandra n’est pas mal roulée aussi. A 45 piges elle a du trafiquer le compteur tellement tu dirais pas …
Chaque fois on s’est tapé l’annonce du comique troupier Clavier « à bras ouverts » et une invitation à voir celui avec Emmanuelle Riva qui est décédée il y a peu. On l’aime bien par ici … devinez celui qu’on est allé voir ? Pas Clavier, c’est certain.

Donc hier, vers 15:00, les rues étaient tranquilles, les costumés avaient tombé les masques, les curieux étaient retournés au boulot et les photographes tripotaient les images avec Gimp. Discrètement la salle s’est remplie de vieux cinéphiles, les téléphones se sont éteint, les effluves se sont dispersées et le plaisir s’est installé. C’est très étrange au début, ça commence un peu comme un conte de fée et puis apparaît une Olive (la femme de Popey) paumée dans les couloirs du métro parisien. C’est Fiona (Fiona Gordon) qui vient visiter  Marthe (Emmanuelle Riva) sa tante qui perd la boule, mais celle-ci a déserté son appartement pour échapper à la maison de retraite et Fiona ne peut la rencontrer. Elle a d’autant plus de mal que, souvenir, ayant demandé à un passant qui passe de la photographier avec son Iphone, elle bascule dans la Seine ! Trempée, délestée de ses affaires, de ses papiers, de son argent, elle entame un calvaire ! Elle rencontre fortuitement un SdF (Dominique Abel) ce qui donne l’occasion d’une scène de danse extraordinaire : Olive, liane chaussée d’Adidas, dans les bras de Jasques Tati … Tout aussi doux dingue, l’enterrement de Martha. Dom (le SdF) a suivi Fiona jusqu’au Père Lachaise. Il va dire deux mots en mémoire d’une Marthe dont il ignorait jusqu’à l’existence quelques heures avant. Discours convenu de curé lécheur de souvenirs, c’était la meilleure et tout et tout …puis quoiqu’un peu emmerdeuse sur la fin, pour ne pas dire franchement conne, une vrai salope cette Marthe ! Là c’est du Pierre Richard avec ou sans chaussure noire ! Alors rien d’étonnant qu’on le retrouve, Pierre Richard, après la cérémonie, assis sur un banc avec Marthe (oui, car c’est pas Marthe qu’on a enterré) Vous suivez ?
Dans la soirée, Marthe va croiser à son tour Dom, ils vont vider quelques bouteilles de champagne et faire l’amour dans la petite tente ronde. Pas étonnant après cela que Marthe se croit à New-York ! Les destinées des protagonistes vont se télescoper, le tout dans une lumière magique de Paris. De « la strada » de Fellini à Buster Keaton via Harold Lloyd en équilibre instable sur les poutrelles de la Tour Eiffel, le tout illustré par Satie, c’est du bonheur cinématographique intégral, du plaisir en cinémascope. C’est ça le cinoche, une vison poétique, décalée, extraordinaire, folle de la vie si souvent terne, sans goût, grise et insipide.

Pierre Richard, Emmanuelle Riva

Fiona Gordon, Dominique Abel

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Un commentaire pour Paris pieds nus

  1. dany dit :

    Je ne sais pas si ce film nous plairait……mais en tout cas c est trés bien commenté !!

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