Avenir vert : méthanisation

Trump fait un doigt d’honneur à l’humanité en dénonçant les Accords de Paris sur le climat, qu’à cela ne tienne, on se passera de lui le temps qu’il faudra aux américains pour ouvrir les yeux, les oreilles et les poumons et comprendre qu’ils ont élu un gros con débile. Partout sur cette planète des hommes et des femmes se mobilisent pour consommer moins, pour consommer mieux et dépenser à minima nos ressources naturelles qui, quoiqu’en pense le rouquin, ne sont pas illimitées au contraire de sa connerie.

Bref, tout ça pour introduire la réalisation des jumeaux de Raon Basse à côté de leur gaec : Vosges méthanisation. C’est une histoire qui remonte loin, 6 ans déjà que c’est sur le bureau, six années de paperasses, d’avis, d’études, d’analyses, de conseils, de dossiers, d’annexes, de rapports d’experts et j’en passe. Entre la Région, l’Europe, l’Adème, EDF, GDF et tous les acteurs bureaucratiques des différentes Directions Régionales, Départementales qui, chacune d’elles, doit apposer son cachet qui fait foi, sa signature au bas du parchemin. Six années d’emmerdements, de travaux, d’essais et enfin depuis le premier mars dernier, le premier kwh injecté !

De quoi s’agit-il ?

La méthanisation, c’est quoi, et pourquoi ?

Il y a longtemps, en 2002 ou 2003, à l’époque où je commerçais encore avec mes cartes de visite EDF, j’avais rencontré dans le 54, à Mignéville, un type épatant, Francis Claudepierre, qui peinait à trouver des interlocuteurs. Je lui ai ouvert quelques portes auprès de l’Adème, d’Edf et il a créé la première installation de méthanisation de France ! Puissance fournie : 20 Kw ! Avec un moteur de 4L au bout duquel il avait relié un alternateur et le circuit de refroidissement servait à chauffer sa maison toute proche … un précurseur passionné. Mais aujourd’hui le système a vraiment évolué et est rodé, les entreprises savent y faire et la comparaison avec le voisin allemand n’a pas de quoi nous faire rougir, bien au contraire. La quinzième installation de méthanisation départementale est donc en service depuis peu à Raon Basse et ouvrait ses portes aujourd’hui, après les gros ventrus ventripotents élus de la Républiques, les partenaires, pique-assiettes et autres profiteurs qui, eux, firent la visite hier. L’important pour eux, c’était d’être sur la photo avant les prochaines élections. Il y avait foule ce matin pour voir de quoi il retournait car on avait tout entendu, comme il se doit, de la part de ceux qui ne savent rien mais disent toujours tout « de source sure »

L’usine à gaz a été dimensionnée en fonction des possibilités d’épandage, de la production locale de lisier (60%) et des éventuels apports agro-industriels (40%). Aucun autre apport. Contrairement à certaines essences bio, on ne cultive pas de maïs (par exemple) pour nourrir le digesteur … Aidé par l’Europe, la Grande Région et l’Adème, ce projet à vu le jour sur la base de la production du gaec de Raon Basse et des apports de Nestlé (Arches) et Thiriet (Eloyes) qui livrent normalement un camion par jour et par an, mais pour le moment le compte n’y est pas encore. Le camion vient donc déverser, sous l’œil vigilant des co-gestionnaires, ses déchets organiques dans une cuve. Pas question de livrer n’importe quoi. La ferme récupère ses lisiers et fumiers. Tout ça est dirigé vers une cuve, le digesteur. Le fumier et les déchets agro-industriels sont, auparavant, traités dans une sorte de cuve rehaussée à double tamis puis sont broyés et mélangés pour former une soupe (c’est le terme utilisé) qui est alors « neutralisée » ou « stérilisée » comme vous préférez durant une heure à 60 ° de température pour tuer la vermine qui subsisterait dans les déchets laiteux ou carnés. C’est ce qu’ils appellent « hygiènisation » . Ensuite, comme indiqué plus haut, ça file par des conduits enterrés vers la partie centrale du digesteur où se passe un malaxage bi-directionnel grâce à des hélices en inox et en mouvement. Au total, ce seront 15 000 tonnes de produits organiques qui seront traités chaque année. Pour entretenir et intervenir sur ces mécanismes, j’ai appris que des personnels formés s’équipaient comme des scaphandriers pour plonger dans la merde (…)

Une fois dans le digesteur la mixture génère des gaz, du méthane essentiellement. Une torchère brûle le trop le cas échéant, une soupape évacue le gaz sous pression en cas d’avarie et, pour finir, le dôme est conçu pour s’ouvrir en cas extrême. Le méthane n’est pas injecté directement dans la conduite qui passe juste devant l’installation car les clients consommateurs locaux du village ne suffiraient pas à absorber la production de méthane. Injecter dans la canalisation HP de GDF, distante de quelques kilomètres n’étaient pas rentable. Donc, une seule solution : la transformation en électricité. Un moteur (à gaz) entraîne un alternateur de 150 Kva relié à un transformateur en relève de tension de 400 Kva. Il est raccordé au réseau 20 Kv tout proche avec une protection de découplage. Un contrat long avec ERDF (15 ans) pour la vente d’énergie leur assure une visibilité financière (environ 0,20 € le kwh fourni). La production d’énergie est d’environ 6 Mwh par jour soit plus de 2,2 Gwh / an pour un chiffre d’affaire estimé à 0,4 M€. La chaleur est utilisée pour la maison voisine et l’usage industriel du gaec mais surtout pour maintenir la température du digesteur à 38°.

Que deviennent les agrégats une fois la transformation réalisée ? Ils sont stockés dans une vaste cuve voisine (6 mois de stockage théorique) et seront utilisés pour fertiliser les prés et parcs de la gaec. Avantage indéniable : l’absence d’odeur ! A la différence avec le lisier jusqu’ici utilisé pour l’épandage, dont on ne pouvait ignorer la provenance, les jumeaux pourront répandre leur merde où bon leur semble sans nous incommoder.

En conclusion :

Les jumeaux valorisent intelligemment les déchets de la ferme, utilisent ceux de sociétés voisines, ne génèrent pas de trafique routier supplémentaire, produisent une électricité locale, bio, verte (si on peut dire …) et une chaleur rentable utilisée directement sur le site. C’est aussi la suppression des mauvaises odeurs lors des épandages. C’est un lourd investissement financier qui devrait s’amortir sur 10 à 12 années.

cuve à tamis et mélangeur

réseau de distribution vers les citernes

cuve d’hygiénisation

le groupe moteur alternateur produit > 20 Gwh / an

système contrôle mesure

cuve de déchets finaux, digesteur et local technique production contrôle. Devant : deux cuves de remplissage de produits agro-industriels

Je dois remercier tout particulièrement JLB pour m’avoir permis de rencontrer le responsable de DOMAIX qui fut en charge de la conception et de la réalisation du site et qui accompagne les gestionnaires pour acquérir la maîtrise du domaine industriel. Je lui dois ces explications.

Reportage France3 du 25 02 2015 sur la méthanisation et Francis Claudepierre

Publicités
Galerie | Cet article a été publié dans Actualités et politique, Aliments et boissons, bon plan, extraordinaire, information, Insolite, Santé & bien-être, vie quotidienne. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s