Escapade festive

L’histoire commence lors du réveillon de Nouvel-an, entre amis. L’ambiance est super et on décide de prolonger la fête, mais pas maintenant, vers juin comme ça chacun pourra s’organiser. On charge l’ami Marco, dont l’accent trahit l’alsacitude, d’ordonnancer pour nous une sortie à Kirrwiller et nous faire profiter de son expérience.

C’était donc ce week-end et nous avions rendez-vous à Obermodern, face à la gare, dans un ravissant petit hôtel où les chambres étaient réservées. Auparavant nous étions allé chercher Mimi et Nad pour faire route ensemble. JP et Mumu suivaient dans leur nouveau BMW X 6 ou 7 …

On a de la chance, il fait très beau, les chambres sont petites mais pleines de charme, l’endroit calme au milieu de la campagne, vue sur la prairie. La gare de Obermoderne-Zutzendorf qui fait face est une anomalie avec ses quais vides, ses voies enherbées, ses passages souterrains, son vaste faisceau de triage qui s’ouvre après le passage à niveau, ses embranchements où séjournent quelques rares wagons plats. Dans un sens on indique Strasbourg, sur l’autre voie Sarreguemines. Sur le quai deux automates délivrent des billets. Le bâtiment est fermé, vide. Pas tout-à-fait car un type, que l’on aperçoit par une porte entre-ouverte, semble somnoler derrière un bureau … Mais sur les rails on ne verra ni n’entendra pas un train durant notre court séjour.

Marco nous a prévenu, il faut être prêt de bonne heure et nous quittons bientôt l’hôtel pour nous rendre à 3 ou 4 km de là, dans un village maintenant connu mondialement et au-delà : Kirrwiller. Un vaste parking est à disposition, il se rempli doucement. On gravit quelques marches, les hautes portes vitrées du temple s’ouvrent et nous voici transportés à Las Végas. Je m’attends à voir débouler d’un instant à l’autre De Niro suivi par Joe Pesci, de croiser aux toilettes George Clooney, Brad Pitt ou Daniel Craig, mais ce n’est que Pierre Meyer, le patron, qui nous accueille. Si d’aucun trouvait que tout était luxe, calme et volupté … ici tout est toc, paillettes et bling-bling et c’est ce qu’on voulait en plus de l’épaisse moquette, des lustres en cristal, des tentures lourdes. Bref, on se croirait au Palais du Luxembourg transformé en lupanar, c’est génial. Les gardes républicains devenus girls !  On entre dans nos propres rêves …

Quelques escaliers comme dans « Champs Elysées » puis un large couloir conduisent vers le vaste restaurant décoré comme un cirque. Marco nous a réservé la table juste devant la scène où se produit un groupe dont les chanteuses enchaînent les tubes. Un serveur à la longue queue de cheval vient s’informer sur notre bien-être et prendre commande des boissons. Nous choisirons un pinot gris et un Fixin de 2009 pour accompagner le délicieux repas. Avant le dessert, nous serons déjà sur la piste, entre la table et la scène, pour bouger au rythme de la musique. Vers 22 heures on va s’installer dans la salle de spectacle. Là encore, Marco à bien fait les choses, nous sommes dans le carré d’or, idéalement placés pour assister à la revue « Flamboyant ». Maintenant il faut ouvrir les yeux en grand. Les décors, les costumes, les lumières, la sono, le confort, tout est au top pour profiter des évolutions gracieuses et parfois féeriques des danseurs et autres artistes qui se suivent et nous épatent. Mais ou donc est Patrick Sébastien ?

Si les mecs sont sous le charme des girl’s plus belles les unes que les autres, les nanas ne resteront pas insensibles aux tablettes de chocolat des boy’s dévêtus … C’est la magie d’un spectacle haut en couleur, en charme, en virtuosité et légèreté. Ça dure presque deux heures et ensuite nous sommes invités à prendre place à une nouvelle table, cette fois dans la boite de nuit. Là encore, merci à Marco, la table retenue, sans être loin de la piste nous permettait de nous entendre parler, de voir les girl’s monter et descendre dans l’ascenseur de verre qui les conduit vers la passerelle. La musique proposée par le DJ fera en sorte qu’on n’ira que très peu s’asseoir. Nous consommerons à prix très raisonnables, sous les spotligths, les lasers et autres jeux de lumières. La boite est géante, la décoration folle, l’espace bien réparti si bien que tu te marches pas sur les pieds, que tu ne te bats pas pour un fauteuil, que tu n’attends pas trois plombes pour qu’on te serve au bar. Bref, c’est l’enfer ! Et parmi les anges de cet enfer, quelques groupes de nanas qui se déhanchent au rythme de « Alexandrie- Alexandra », des twisteuses tatouées, des loveuses à jupette, des ménagères de cinquante ans qui ondulent de la croupe, des pin-up d’HLM qui zouquent, des mémés embourgeoisées qui se dévergondent, des femmes de notaires qui se dandinent et roulent du popotin. Deux heures et demi du matin, la voix de Whitney Houston , I Will Always Love You, dernier slow, dernier tube. On rentre se coucher heureux comme des gamins sortant d’un tour de manège à la fête foraine.

Dimanche matin, 9h10 à la pendule, la salle de petit-dej se remplit. Bien vite Mimi et Nad sont là, puis Marco et Marie, JP et Mumu. Nous voilà à nouveau réunis autour d’une table ! Cafés, croissants, pilules, jus de fruits et autres et nous pouvons quitter les lieux sereins. On s’éloigne de Obermodern pour aller dans le bled voisin, à Bouxviller pour trouver une boulangerie ouverte et du pain pour nos futurs sandwichs. C’est un magnifique village que, tous comptes faits nous prendrons le temps de parcourir et découvrir. Ensuite nous suivrons notre guide pour aller jusqu’au Mont Sainte Odile. On est sensé y marcher une partie de l’aprem. En attendant il est déjà 13:30 alors pique-nique camarades !

On fera, par la suite, le tour du site avec escale à la source sainte Odile pour se laver les yeux avec l’eau qui jaillit de la roche et rendit, paraît-il, la vue à un aveugle. On se rince tous les yeux histoire de voir la vraie vie, enfin ! Histoire aussi d’apprécier à sa juste valeur la vue exceptionnelle et imprenable depuis le piton qui domine la plaine (d’où l’ennemi viendra et nous fera héros). On visitera des endroits insolites, héritiers d’un long passé au service de la religion. On peut lire ceci, quelque part … A la mort de son père, Odile obtient sa délivrance des tourments de l’enfer. Rien que ça ! Je m’interroge : Odile refusa le mariage que son père lui imposait lequel père tua dans un accès de colère le frère d’Odile, son propre fils Hugues … Il était pas des fois incestueux déphasé l’Adalric de Hohenbourg, duc d’Alsace ? Un dernier petit tour alentour et on se quitte, Marco et Marie rentrent chez eux, nous on met le cap sur saint Amé qui, à ce que l’on sait de lui, ne fut pas obligé par son père de marier une moche. On se racontera nos souvenirs d’anciens combattants en buvant un coup puis, la nuit venue avec la lune au milieu, on ira se coucher avec des étoiles dans les yeux.

Publicités
Galerie | Cet article a été publié dans Aliments et boissons, balade, bon plan, Divertissement, extraordinaire, Insolite, Musique, photographie, photos, Restauration, Santé & bien-être, souvenirs, vie quotidienne, Voyages. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s