Construire un bateau en bois


 le 29 février 2012

Pour JM, la construction navale est déjà une longue histoire. Pour preuve
En 1975, il voulait construire un bateau de 6 mètres en tôle de 1,5 mm d’épaisseur. Allez savoir pourquoi, sa femme préférait qu’il réalise une nef en bois ! Il se plie bien volontiers à cet étrange désir féminin, infondé, mais bon … Pour lui, le principal était de construire un bateau, alors tôle ou bois …
Quelques jours passent et bientôt, devant chez lui, attend une remorque pleine des panneaux de bois de dimensions 4,20 m x 1,83 m par 16 mm d’épaisseur.
«Le congé suivant je découpais les murailles du bateau. 90 cm à l’étrave et 50 cm au tableau arrière. Le maître couple et le tableau arrière. Je fixais le maître couple et le tableau arrière aux 2 murailles et, à l’aide d’une corde doublée, je rejoignis les 2 panneaux de l’étrave. En tordant la double corde avec un bâton. Je place la quille section de 16 cm x 3 cm et l’étrave. Je relève les côtes pour placer le couple qui doit être situé à égale distance du maître couple et de l’étrave»
JM démontre ainsi que construire son bateau n’est pas si compliqué. Enfin, pour qui ose se lancer dans l’aventure. C’est une construction simple qui ne nécessite pratiquement que le plan du maître couple, le reste suit.
«Il ne me reste plus qu’à tracer et découper les 2 panneaux du fond en V.
_ pour le pont, découpage du roof et du cockpit, puis traçage sur place et découpage.
_ construction du roof avec une partie avant en «sifflet» et 2 hublots de 60 cm x 10 cm sur les côtés et le tableau arrière qui définit, pour une bonne part, la forme du bateau
_ une fente de 3 cm dans la quille, depuis la partie habitable et tout le cockpit jusqu’au tableau arrière, pour relever la dérive avec une gaffe
_ les joues du puits de dérive sont 2 planches fixées du tableau arrière et finissent à 60 cm en avant du maître couple, surmonté dans la partie habitable de 2 fers U de 60 pour la rotation de l’attache de la dérive.
_ pour la peinture je vais employer de la glicero avec du diluant pour une bonne imprégnation.
_ pour l’intérieur j’ai totalement vidé le pot,… pas de fuite.
Le pont avait une belle forme légèrement incurvée de l’avant à l’arrière.»

la dérive rescapée des griffes du ferrailleur

Malheureusement pour notre constructeur, un déménagement mit fin au projet d’une manière aussi radicale que brutale.
A cette époque, JM était marié à Monique et ils allaient emménager dans une nouvelle maison. Monique (qui rit quand on …) ne partageait pas les rêves océaniques de JM, aussi fit-elle venir clandestinement un ferrailleur et hop ! oust ! du balai … Le seul voyage du bateau se fit sur le plateau d’un camion qui le mena directement sur le tas de ferrailles, sans passer par la case «Départ» et donc sans toucher 20 000 ! Débarrassée pour 600 F de l’époque, à peine plus de100 €. Au soir du crime, alors qu’il rentrait du boulot, harassé, fourbu, la bougresse mielleuse arborait, parait-il, un air léger avec petit sourire en coin, enjoué, vicieux ? surement sournois  de la chatte qui se frotte à vous pour une caresse.
Un bateau quasi terminé, armé d’un mat de beaupré, d’une bôme, d’une ancre et d’un gouvernail. En prime, le ferrailleur eut droit à la casquette de marin de JM !

JM n’avait pas fait que construire son bateau, il avait aussi imaginé, dessiné et monté de ses mains la remorque nécessaire aux déplacements.
Sur son lieu de travail «A midi, je mangeais sur place, cela me permettait d’avoir une heure de travail pour moi tout les jours. J’avais à cette époque, une R12 aussi ai-je choisi un essieu de R12 pour la remorque. C’était très pratique car on utilisait la même roue de secours et j’évitais de mettre des feux de signalisation latéraux car la bateau ne dépassait pas sur les côtés. L’originalité de cette remorque, c’est un cadre rectangulaire en fer U de 80. En-dessous 2 ressorts à lames d’une 203 commerciale, avec l’articulation à l’arrière en forme de H ». Le plus difficile ce fut la jonction essieu ressorts à lames. Il fallut épouser exactement la forme des coupelles. Elles recevaient les anciens ressorts en spirales. Au-dessus et aux coins du cadre rectangulaire, quatre montants supportant le dessous du bateau. Les  quatre montants se terminaient par des plaques en caoutchouc.»

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s