Octobre 2010


Où en est l‘Albatros ? Une visite ce matin chez son concepteur réalisateur me laisse dans l’expectative.
Jean-Marie avance dans la finition mais il reste encore  tellement de petites choses à inventer et à faire. Créer ! Imaginer chaque pièce et lui donner vie avant de l’insérer dans l’Oeuvre, à l’endroit précis, vérifié et contrôlé demande des heures et des heures qui mangent des jours, des mois, des années.
En entrant dans son bureau au sous-sol, je suis d’abord surpris par l’ordre qui règne dans ce qui était il y a peu qu’un amoncellement de documents épars, un empilement bancal de dossiers mal ficelés, un désordre dans lequel s’enchevêtraient pièces d’inox, essais métalliques, boulons et perceuses. C’est maintenant un ensemble de rayonnages muraux qui abritent quelques six mètres-cubes de volumes et documents divers. Je découvre la méthode de travail appliquée, pensée, soignée, rangée dans ce qui était un capharnaüm. A commencer par les journaux de bord … agendas sur lesquels JM renseigne minutieusement son activité quotidienne et les pièces à faire (voir image jointe). Plus loin les dossiers d’études de conception. Des heures et des heures encore à réfléchir, imaginer, dessiner avant de passer à l’atelier voisin. Tout est sous chemises, étiqueté, repéré. Dans un autre rayon se trouve alignée la littérature maritime et scientifique, les revues spécialisées, les récits de voyages ou de construction. Sur une étagère plus loin, je suis étonné de voir toute une série de livres consacrés au bricolage. Le mot fait sourire ici où rien n’est laissé à la bricole. Une calculatrice scientifique, la première que Jean-Marie a achetée (600 F à la Redoute !) et une règle à calculer côtoient un très ancien livre sur « la machine à vapeur »

La visite du bureau d’étude me renseigne sur le labeur et les règles que Jean-Marie s’impose, sur son besoin d’archiver autant pour lui-même que pour transmettre son savoir faire, son expérience pour échanger et partager. Tous les systèmes originaux sont là quelque part, détaillés, du plus simple au plus sophistiqué et pourtant, cet inventeur génial retient la fenêtre ouverte à l’aide d’une cale, un vulgaire bout de bois.

Retour au soleil de ce beau matin d’automne, le ciel est d’azur invite au voyage. Nous contournons la maison pour aller vers ce qui est devenu au gré des ans le chantier naval. Coincé dans sa roue, la coque brune est penchée à 90°, abritée du soleil par une bâche qui descend du portique. Au premier regard il semble que rien n’a changé depuis ma dernière visite, que Jean-Marie est resté encalminé. Et puis, à certains détails qui en dévoilent d’autres, je vois un ensemble de diverses pièces (toutes réalisées dans l’atelier du sous-sol) fixées ici et là. Des traits d’alignement et d’axes sont encore présents sur la coque pour preuve de recherche ultime de précision dans le moindre détail. Certaines pièces qui semblent banales, invisibles, inutiles aux yeux d’un néophyte ont demandé trois semaines d’études … Nous inspectons ainsi la coque sous toutes ses soudures, dans le plus infime détail à la fois nécessaire et important. Rien n’est laisser au hasard, il essaye de penser aux cas les plus extrêmes et variés avec un soucis premier : éviter la corrosion.

C’est pas évident d’entrer dans les entrailles de la bête renversée mais nous parvenons à nous y faufiler. Là ça devient tout de suite dantesque ! Entre les flancs de la coque couchée, un maillage de tubes, cornières, renforts, équerres, supports de toutes tailles et toutes dimensions. C’est le squelette sur lequel reposeront les équipements d’aménagement technique ou de vie. Et puisqu’il est plus facile de souder à plat, après avoir terminé un secteur, un ouvrage, Jean-Marie fait tourner la roue magique et la rotation de la coque lui permet de reprendre son ouvrage aux cent mille soudures dans les meilleures conditions.
Alors c’est vrai, apparemment ça n’avance pas, vu de l’extérieur et de loin. Mais la fourmi œuvre, lentement mais sûrement. Le sablage est reporté, la peinture aussi, ce sera pour 2011, qu’importe, le temps n’est rien à côté du besoin de bien faire et faire beau.

Pour autant la gestation touche à sa fin, bientôt l’Albatros se dressera. Sa marraine est désignée et c’est l’abbé Zélob qui portera sur les fonds baptismaux l’enfant tant attendu. Avant cela, nous organiserons peut-être des visites privées et commentées pour retracer cette aventure extraordinaire auprès de ceux et celles qui voudront soutenir amicalement Jean-Marie.

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